Traitement des anévrysmes aortiques par endoprothèses couvertes

S. Anidjar, B. Lebailly (IBODE), G. Debiasi (IDE), M. Reyss (IDE)
Département de chirurgie vasculaire, Institut Mutualiste Montsouris

Depuis les années 60, le traitement de référence des anévrysmes aortiques est la mise-à-plat-greffe par laparotomie et/ou par thoracotomie.

Le traitement endoluminal des anévrysmes aortiques est apparu il y a 10 ans. Il consiste en l’exclusion des parois anévrysmales par l’implantation d’une endoprothèse couverte. Par définition, une endoprothèse couverte est composée d’un treillis métallique à claire-voie cousu sur un conduit en polyester. Ce treillis confère à la prothèse une force d’expansion et d’arrimage aux parois artérielles. Il est constitué d’un métal à mémoire de forme, le Nitinol, ce qui permet de comprimer la prothèse à froid dans sa capsule d’introduction. Après son déploiement à 37° C, l’endoprothèse retrouve sa forme native. La capsule est introduite par une artériotomie fémorale commune par un abord du triangle de Scarpa. L’endoprothèse couverte est auto-expansible et se déploie après le retrait de la capsule. Il existe deux types d’endoprothèse : aortique essentiellement pour le traitement des anévrysmes thoraciques, aorto-bi-iliaque pour le traitement des anévrysmes abdominaux. Les critères d’implantation des endoprothèses aortiques sont essentiellement d’ordre anatomique. Il est indispensable de disposer d’un collet aortique au-dessus de l’anévrysme permettant l’arrimage de l’endoprothèse, et que les axes iliaques soient de calibre suffisant, relativement peu infiltrés et peu tortueux.

Ces indications anatomiques sont renforcées évidemment par l’âge et/ou des facteurs de risque d’ordre général ou locorégional. L’implantation des endoprothèses aortiques couvertes se fait dans une salle d’opération conventionnelle équipée d’un amplificateur de brillance et d’un injecteur de produit de contraste. L’intervention est menée sous anesthésie générale en décubitus dorsal, le patient étant installé comme pour une laparotomie médiane. Les artères fémorales communes droite et gauche sont abordées aux triangles de Scarpa par des incisions courtes. La mise en place de guides très rigides dans les deux axes iliaques permet la navigation du matériel et notamment des capsules contenant les endoprothèses dont les diamètres varient de 18 à 24 F (6 à 9 mm de diamètre externe). La navigation et le déploiement des endoprothèses se font sous contrôle scopique permanent. Des injections itératives de produit de contraste permettent de vérifier la perméabilité des artères viscérales, de l’endoprothèse et l’exclusion complète de la poche anévrysmale. Dans le cas le plus fréquent d’implantation d’une endoprothèse aorto-bi-iliaque, les deux composants (corps et branche prothétique homolatérale, et branche prothétique controlatérale) sont introduits par des artériotomies fémorales droite et gauche et emboîtés dans l’anévrysme. Après ablation des capsules, les artériotomies fémorales sont suturées par des surjets de polypropylène. Dans la majorité des cas, nous n’avons plus recours à la réanimation post-opératoire ni aux transfusions. Les patients reprennent une alimentation dès le lendemain de l’intervention et la durée de séjour est de 5 à 7 jours. Plusieurs études récentes tendent à démontrer la supériorité du traitement des anévrysmes aortiques par endoprothèses couvertes en termes de mortalité et de complications, et par ailleurs, leur très bonne durabilité à long terme. Après une décennie, les endoprothèses couvertes tendent à devenir le traitement de référence des anévrysmes aortiques.

Retour vers le programme du congrès

Page mise à jour le 4/08/06

 

Copyright 2002 - 2006 AFICCT