Dr Florence Lot
Institut National de Veille Sanitaire
La transmission virale en milieu de soins a dabord concerné le virus de lhépatite B, jusquà la diffusion de la vaccination vis à vis du VHB. Avec lémergence de lépidémie de sida au début des années 80, lattention sest ensuite portée sur le virus de limmunodéficience humaine (VIH). Enfin, après la mise au point des tests de détection du virus de lhépatite C (VHC) au début des années 90, la problématique de la transmission virale après accident exposant au sang a alors inclus lensemble de ces 3 virus.
Les études de cohorte, réalisées chez des soignants victimes daccidents percutanés, ont montré que le risque de transmission était compris pour le VHB entre 6 % et 30 % (selon la présence ou non de lAg HBe), soit plus de 10 fois plus que le VHC (risque de 1,8 %), le VHC étant lui-même 5 à 10 fois plus transmissible que le VIH (risque de 0,3 %). Mais le risque de transmission du VHC après exposition percutanée serait peut-être plus faible et plus proche de celui du VIH, puisquà travers le suivi de 11 000 personnels de santé, il a aussi été estimé de lordre de 0,5 %.
Après accident exposant au sang, le risque de transmission soigné-soignant est plus élevé que ces risques moyens, en cas de blessure profonde, de matériel visiblement souillé par le sang, daiguille utilisée pour une procédure intra-vasculaire et dun patient source en phase terminale de sida (risque évalué pour le VIH).
En France, au 31 décembre 2004 et depuis la mise en place dune surveillance nationale des contaminations professionnelles (en 1991 pour le VIH et en 1997 pour le VHC), ont été rapportées 13 séroconversions VIH et 54 séroconversions VHC. La dernière séroconversion VIH date de 1997 et entre 2 et 5 séroconversions VHC ont été déclarées par an ces dernières années. Les infirmières sont majoritairement concernées. Le respect des précautions standard aurait évité la moitié des séroconversions.
De la même manière, une surveillance des contaminations professionnelles par le VHB va être mise en place en 2005, afin de recueillir le nombre de cas chez des soignants non répondeurs (ou éventuellement non vaccinés).
La transmission virale soignant-soigné est une problématique plus récente, qui a notamment été largement médiatisée, en 1992, lors de la contamination VIH de plusieurs patients par un dentiste infecté, même si des cas similaires avaient déjà été publiés concernant le VHB, et le seront ensuite pour le VHC.
Certaines spécialités sont plus à risque que dautres, car plus à risque daccidents exposant au sang, en raison de la longueur des interventions ou de leur caractère particulièrement sanglant. Cest notamment le cas des chirurgies orthopédique, cardio-thoracique et gynécologique. Mais au sein dune même spécialité chirurgicale, certaines interventions sont aussi plus à risque que dautres, en raison de leur complexité, de la réalisation de gestes dans un champ confiné ou avec une visibilité réduite.
La prévention des accidents exposant au sang par le respect des précautions standard reste le meilleur garant de la prévention de la transmission virale soigné-soignant et soignant-soigné.
Page mise à jour le 4/08/06
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