Évaluation de l’analgésie par un mélange équimolaire N2O et O2 pour l’ablation des drains pleuraux

Introduction

Le drainage pleural est un des éléments importants de la chirurgie pulmonaire. Or l’ablation du drain thoracique est un moment vécu comme très douloureux et désagréable par la plupart des patients. Lors de l’ablation des drains pleuraux, la douleur étant brève, intense et fugace, les antalgiques utilisés sont peu efficaces. Cette douleur est due à 2 composantes : une pleurale (irritation des plèvres lors du retrait du drain) et une cutanée (serrage d’un fil de bourse pour rendre étanche l’orifice cutané du drain).

En pratique, il n’y a aucune méthode spécifique d’analgésie pour ce geste. L’action sur la douleur due à la présence du ou des drains pleuraux se fait par une planification horaire d’administration d’un ou de plusieurs antalgiques par voie veineuse, au contact du pédicule neveux intercostal ou per os.

De manière surprenante, très peu d’études cliniques ont été publiées décrivant une méthode efficace pour calmer les douleurs d’ablation des drains thoraciques. A ce jour, aucune étude n’a validé l’efficacité du Kalinox® (mélange analgésique équimolaire de protoxyde d’azote et d’oxygène) sous forme inhalée pour l’ablation des drains pleuraux. Deux contre-indications du Kalinox® semblent avoir restreint son utilisation en pneumologie et en chirurgie thoracique : le pneumothorax et les bulles d’emphysème.

Objectif de l’étude

Il nous a donc semblé nécessaire d’évaluer cette pratique d’analgésie pour l’ablation des drains pleuraux.

Patients et méthodes

Il s’agissait d’un projet de recherche clinique infirmier soutenu par la Fondation de France. Cette étude monocentrique prospective, comparative et randomisée a comparé 2 groupes en double aveugle. Nous avons évalué les effets du gaz inhalé sur un groupe de patients recevant le Kalinox® et un autre groupe recevant un placebo (air médical en bouteille).

L’objectif principal était de comparer l’intensité de la douleur après ablation du drainage pleural dans chaque groupe. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer le ressenti du patient après Kalinox® et placebo, de déterminer les effets indésirables du Kalinox® et d’apprécier le degré d’amnésie du patient après Kalinox®. Le chirurgien de service s’assurait de l’absence d’incidence de l’utilisation du mélange gazeux sur la survenue d’un éventuel pneumothorax partiel ou complet après l’ablation du drain.

Les critères d’inclusion étaient un âge supérieur ou égal à 18 ans, la présence d’un drainage thoracique (si plusieurs drains sont en place, seule la 1e ablation était prise en compte dans l’étude), l’obtention du consentement libre et éclairé. Les critères d’exclusion étaient le refus du patient, l’incapacité à comprendre ce qui est proposé, un antécédent de drainage thoracique, une contre-indication à l’utilisation du protoxyde d’azote, l’administration nasale d’oxygène (difficulté d’application du masque), un traitement en préopératoire par morphiniques oraux (douleur chronique…).

Conclusion

Soixante-dix patients ont été inclus dans cette étude. Nous présenterons les résultats qui montrent un bénéfice net pour le groupe « Kalinox® » en termes de diminution de la douleur et d’absence d’augmentation de l’incidence des décollements pleuraux après ablation.

 

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