L’emphysème post pneumonectomie (EPP) est une complication rare (2 à 15 %) pouvant être mortelle, dont l’évolution favorable est directement liée à un diagnostic précoce et à un contrôle rapide de l’infection.
Nous rapportons ici notre expérience du traitement d’un EPP par une technique mini invasive comportant une irrigation-lavage d’antibiotiques par un double drainage pleural durant 10 jours, suivie d’une vidéo-thoracoscopie (VT) de clôture.
Sur la période 2000-2005, 18 patients (16 hommes et 2 femmes), d’âge moyen de 65,2 ans ont ainsi été traités dans les suites d’une intervention réalisée pour un carcinome bronchique non à petites cellules (CNPC, n=15), un mésothéliome (n=2) et une destruction pulmonaire post infectieuse (n=1).
Un traitement par chimiothérapie avait précédé l’intervention pour CNPC dans 47 % des cas. Le délai moyen d’indentification d’un germe dans le liquide pleural a été de 12 jours après l’intervention (2-35 jours) et le traitement local a débuté après vérification de l’absence de fistule bronchique.
Au terme de cette irrigation biquotidienne et de la vérification de l’éradication du germe, une VT immédiatement précédée d’une fibrinolyse a permis une détersion complète de la cavité et l’ablation des drains. Un succès primaire du contrôle septique a été obtenu dans 89 % des cas.
Une fistule bronchique méconnue a été découverte lors de la VT finale nécessitant une conversion en thoracostomie et un patient a nécessité la poursuite des lavages encore 10 jours devant un examen bactériologique per-opératoire toujours positif. Un patient est décédé d’œdème pulmonaire à J10 du traitement (5,5 %) avec une cavité stérilisée. Aucune rechute septique tardive n’a été observée.
Cette procédure mini-invasive est désormais systématiquement appliquée pour le traitement des EPP en absence de fistule bronchique.
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